Le Pardon


11ème dimanche C

Dans ces dimanches qui suivent la Pentecôte, après avoir retenu notre attention sur l’eucharistie, voici que la liturgie oriente notre regard de foi sur le Pardon. Peut-être avons-nous besoin sur nos routes de chrétiens de retrouver la place de ce sacrement de la confession. Nous sommes dans le temps de l’Église, après l’Ascension et la Pentecôte. Ces derniers temps, comme le dit St Pierre, où il nous est donné de nous convertir "dites-vous bien que la longue patience du Seigneur, c’est votre salut". Cette patience miséricordieuse, nous la découvrons dans l’attitude de Dieu à l’égard du Roi David, et dans l’accueil de Jésus envers la pécheresse qui répand le parfum sur ses pieds.

Le plus beau mot du vocabulaire chrétien est sans doute celui du pardon, mais le mot "péché" fait-il encore partie du vocabulaire des chrétiens d’aujourd’hui ? Confesser notre péché, n’est-ce pas en définitive confesser la miséricorde de Dieu ?

Bien des difficultés viennent entraver notre démarche de pénitence, de conversion :
Nous préservant d’une attitude légaliste, nous voulons suivre l’appel de notre conscience, sans être pour autant attentifs à l’enseignement de l’Église : on en prend et on en laisse.

Et puis l’avancée des sciences humaines fait qu’aujourd’hui, beaucoup de problèmes sont résolus ailleurs qu’au confessionnal. Les gens sont volontiers déculpabilisés. On a vite fait de se trouver des excuses peut-être, de se donner bonne conscience. Ce n’est pas de ma faute, c’est ma nature qui est comme çà. Mais aussi le nombre plus restreint des prêtres rend peut-être plus difficile la pratique de ce sacrement. Il faut sans doute effacer un certain nombre de préjugés qui nous éloignent de ce sacrement.

Évitons les impasses : la confession n’est pas faite pour nous culpabiliser, ni pour nous rassurer à bon compte, la confession n’est pas seulement un acte d’humilité, encore moins un acte légaliste, non plus une cure d’âme, un soulagement psychologique.

Il y a le rôle du prêtre qui peut être déterminant par son accueil. Mais il n’est pas d’abord un psychologue, un conseiller ou un confident. Il faut aller jusqu’au bout de la réalité vécue, c’est à dire faire de notre confession une véritable rencontre consciente avec Dieu que l’on vient retrouver parce qu’on est pêcheur. Il s’agit d’autre chose qu’une liste de péchés, d’une lessive. Il faut passer d’un regard sur nous à un regard sur Dieu, avec qui un avenir nous est toujours possible. C’est une rencontre avec Dieu, que nous permet le ministère du prêtre. Dieu nous communique son pardon, le don total de son amour manifesté par la croix du Christ.

C’est une fête parce qu’un frère réintègre la Maison du Père, car c’est une résurrection dans un membre de son Église qui est son corps.

Avec l’Apôtre Paul, soyons prêts à redire : "je vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré pour moi. Il n’est pas question pour moi de rejeter la grâce de Dieu."

Daniel Beauchard


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